L'ACCOMPAGNEMENT

AU RETOUR À LA VIE ACTIVE

 


 

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 La réappropriation du pouvoir d'agir

 

« Ce n’est pas la vie qui est dangereuse, c’est le retrait de la vie… et pour la pratique de la vie, il faut de l’espace pour inventer et être créatif. »

La Maison d'Hérelle offre aux résidents de les accompagner, certains vers la fin de vie, d’autres aux prises avec une incapacité grave où l’autonomie, la possibilité d’agir ou l’espoir d’un retour à domicile demeurent précaires.

Pour tous ces résidents, nous souhaitons contrer la tendance à offrir des activités d’ordre « occupationnelles », ou de « loisirs » ou des programmes de « stimulation », et pour plutôt saisir l’occasion d’accompagner une personne dans ce qui lui ressemble, puisque chacun a son histoire ses intérêts et ses talents.

Le maintien et l’amélioration de la qualité de vie des résidents de la Maison d'Hérelle des résidents ont toujours été au cœur de notre philosophie, et c’est encore le cas dans le contexte du prolongement de la durée de vie des personnes vivant avec le VIH. Nous devons constamment adapter nos approches aux nouveaux besoins et aux nouvelles réalités. Nous devons aussi nous assurer que le rétablissement de la santé et les gains des résidents pendant leur séjour puissent être maintenus après leur départ.

Ils et elles font face à des défis majeurs concernant la prise de médicaments, les suivis médicaux, l’alimentation, la physiothérapie, etc. Beaucoup d’énergie et d’efforts sont déployés dans l’espoir d’améliorer leur état de santé. Toutefois, nous savons que d’intégrer à leurs obligations des moments de plaisir est un pré-requis pour donner accès à une meilleure réinsertion sociale ! Souvent nous sommes éblouis des regards totalement transformés lorsque nous nous retrouvons dans un contexte différent ou extérieur des murs de la maison!

Nous connaissons le lien étroit et l’influence qu’a l’état d’esprit d’une personne sur sa santé physique. Lorsque quelqu’un se permet de personnaliser une activité qui lui est propre et s’implique pour la concrétiser, il en ressent un sentiment d’accomplissement et une motivation inestimables. C’est un nouvel élan ou un tremplin que de faire l’effort de s’habiller autrement, de se préparer plusieurs jours à l’avance et d’anticiper l’expérience, et ceci aura un impact sur sa vie et ses relations auprès des autres. C’est un moment de reprise de confiance en soi permettant de réapprendre l’assiduité des rendez-vous, le maintien des acquis et de se reconstruire.

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 Une approche interdisciplinaire

 

La réappropriation du pouvoir d’agir est une approche d’équipe interdisciplinaire (cuisine, entretien, intervention, administration, etc.) qui consiste à développer le réflexe d’être bien présent à l’autre, d’être disponible, d’être à son écoute, et de prendre avantage des moments opportuns. Il s’agit de saisir ces espaces permettant de déceler ce qui peut se vivre selon les particularités de la personne, dans une approche qui a comme consigne de ne pas forcer la participation ou d’organiser des programmes trop formels. Nous voulons instaurer un souci constant et une qualité de présence qui permettent de saisir l’occasion d’offrir une activité adaptée à chacun. Cette façon de faire permet par la suite d’atteindre la participation à des activités, où l’autonomie acquise ne nécessiterait plus un accompagnement individuel.

Dans la perspective d’un éventuel retour à la vie active, suite à un séjour à la Maison d’Hérelle, ces personnes auront un long parcours à accomplir, bien avant que l’on puisse envisager la possibilité d’une « réinsertion sociale ». Pour la plupart de ces personnes, qui ont depuis longtemps perdu toute estime de soi, qui ne croient plus en leurs capacités, et qui ne font plus confiance au « système », les moyens utilisés traditionnellement en réinsertion sociale ne pourraient fonctionner. Pour établir un lien de confiance en eux (et en nous), il nous faut alors développer une approche individualisée. C’est à partir de leur personnalité propre, de leurs intérêts, de leurs valeurs personnelles, de leurs croyances, de leur culture, et des capacités que nous avons observé chez eux que nous pourrons établir une fondation sur laquelle il nous sera possible de bâtir.

Cette forme d’accompagnement nécessite donc un parcours adapté à chaque personne, et est non seulement un préalable à un retour à la vie active, mais elle est aussi indispensable au maintien de la santé (prise de aux médicaments, etc.) si l’on veut éviter un retour à la rue !

Le processus de réappropriation est le fondement même de la réadaptation, c’est l’expérience qu’acquièrent les personnes à mesure qu’elles acceptent et surmontent le défi qu’impose leur incapacité…

          • Guérir des conséquences de la maladie est souvent plus difficile que de guérir de la maladie elle-même ;
      • La réappropriation est un processus commun à toutes les personnes aux prises avec divers types de pertes ;
      • Le pouvoir d’agir et le respect des décisions prises par l’individu sont des éléments essentiels au retour d’un sens du Moi et de l’estime de soi ;
      • Une personne de confiance dont la « présence » suffit est l’un des éléments les plus importants du rétablissement…

 

L’objectif pour nos residents est de retrouver un sens à leur vie et une reconnaissance qu’ils ont souvent perdus (perte d’un rôle social, d’un statut), de s’accomplir personnellement et de se sentir valorisé, de participer à la vie sociale, économique, politique et culturelle à titre de citoyen à part entière et ainsi de rompre l’isolement social.

Cette approche aide nos résidents à retrouver la confiance en eux d'accroître leurs capacités, leurs forces et leurs connaissances, ce qui leur permet d’adapter plus facilement leur habitudes de vie aux séquelles laissées par la maladie et ultimement d’améliorer leur autonomie physique et psychologique.

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